Le sommeil
On a longtemps cru que le sommeil était
principalement une fonction passive, un état d'abandon reposant pour
l'organisme et le cerveau, une sorte de mort provisoire. En 1918 un neurologue
a pour la première fois utilisé un électroencéphalogramme
et a découvert des structures propres au sommeil. Dès alors,
le sommeil devient un système actif différent de la veille.
On s'aperçoit aussi que l'activité onirique (rêve) se
distingue à la fois de la veille et du sommeil de manière radicale.
Pour atteindre le sommeil, il faut une position de repli physique, une condition
de chaleur, une mise à l'écart des excitations sensorielles
et psychiques (avec un désinvestissement total du monde environnant).
Dans la veille active, l'influx nerveux est facilité, transmis au maximum.
Les ondes du cerveau sont alors des ondes "bêta", aux tracés
plats et rapides (30 à 50 par seconde). Puis un stade intermédiaire,
avant le sommeil ou quand on somnole, ou encore pendant la relaxation, est
caractérisé par des ondes "alpha". Durant cet état
on peut ressentir des sensations visuelles ou auditives hallucinatoires.
Stades du
sommeil
" Endormissement : le sommeil est confirmé mais
encore léger. Les ondes "alpha" ont complètement disparu,
remplacées par des ondes "thêta" aux pulsations ralenties.
Cette phase dure environ 10 minutes.
" Sommeil léger : ce stade dure 20 minutes environ.
Le rythme de l'électroencéphalogramme est plus lent, avec présence
d'ondes "sigma". Durant ce phénomène, on observe le
"complexe k" qui se caractérise par des ondes plus aiguës,
plus fortes. C'est une activité cérébrale provoquée
par des stimuli internes dus aux changements de l'activité des organes
et des sens. Cela peut être suivi d'un réveil, rationalisé
par une "mauvaise position du corps".
" Sommeil profond : dure environ 10 minutes. Les ondes
sont encore plus ralenties (1 à 3 par seconde). Ce sont des ondes "delta",
de grande amplitude.
" Sommeil très profond : il dure environ 60 minutes. Les ondes sont très régulières et ce sont toujours des ondes "delta". Les fonctions vitales sont au plus bas. C'est le sommeil de la petite enfance. Il faut que l'enfant ait dormi régulièrement pour que l'adulte puisse ensuite parvenir à atteindre ce stade, qu'autrement il ne parviendra plus à atteindre après 30 ans.
" Sommeil paradoxal : phase des mouvements oculaires, avec
atonie complète. C'est le moment du rêve. Le rêveur est
quasiment effondré. On retrouve alors les ondes "alpha" de
la relaxation. Les seules activités sont des mouvements oculaires très
rapides, le sujet n'étant que peu sensible aux activités extérieures.
On observe une paralysie du corps, une modification du rythme cardiaque. Cette
phase dure de 5 à 15 minutes.
Tous ces stades constituent un cycle. Il y
en aura plusieurs au cours d'une période de sommeil, avec une moyenne
de 4 à 6 par nuit. Le premier cycle dure de 90 à 120 minutes.
Les cycles suivants sont de plus en plus courts. Le sommeil paradoxal représente
20 % du temps d'un cycle.
La fonction du rêve est de pouvoir tout faire, mais de façon
mentalisée.
Le passage à l'acte du somnambule est une preuve d'angoisse, en mentalisant.
Le somnambule ne supporte pas de rêver.

Troubles du sommeil
Chez l'adulte : en moyenne, sa nuit doit durer 8 heures.
Caractéristiques d'un "bon" dormeur : endormissement rapide
(8 mn), peu de réveils nocturnes et non mémorisés, 20
% de sommeil paradoxal (moins de 18 % est un signe d'insomnie).
Peuvent favoriser l'insomnie :
Les excitants, le bruit, l'angoisse, le surmenage, le stress, les rythmes
de travail. Les tranquillisants sont très nocifs pour le rêve.
