Historique

Le
Carnaval existe depuis plus de 2000 ans et a évolué au fil du
temps.
Déjà sous l'Antiquité on inversait les rangs sociaux :
les maîtres devenaient esclaves et les esclaves devenaient maîtres,
pendant 5 jours.
Au Moyen-Âge on dansait dans l'église, on chantait la messe à
l'envers, les riches se déguisaient en pauvres et les pauvres se déguisaient
en riches, les adultes se déguisaient en enfants et les enfants se déguisaient
en adultes.
Sous la Révolution française le Carnaval fut interdit; en 1796
on le remplaça par une fête révolutionnaire.
A la Renaissance les Catholiques jeûnaient durant le Carême, et
à la Belle Epoque on descendait dans les rues pour admirer les chars
décorés et les gens déguisés.
Les manifestations sont spécifiques à chaque civilisation, mais
on conserve cette notion de bouleversement des rôles et des statuts sociaux.
Signification
Selon le calendrier religieux, la période appelée "Carnaval"
débute le 6 janvier, jour de l'Épiphanie (date marquant la fin
des fêtes de Noël), pour s'achever le Mercredi des Cendres.
Le mot "carnaval" vient du mot italien (genois) "carneleva"
signifiant "enlève chair" et a conservé son étymologie
latine "carnis levare", c'est-à-dire "enlever, ôter
la viande, la chair" : la période suivant le Mardi Gras est en effet
une période de jeûne, le Carême (du latin "quadragesima
(dies)": le quarantième jour), pendant laquelle il ne faut consommer
ni graisse ni viande.

Le Mercredi des Cendres
C'est le premier jour du Carême dans la tradition Catholique. En souvenir
d'Adam condamné "à retourner poussière" après
son péché, les Chrétiens sont appelés à se
purifier de leurs fautes en passant par des privations, dès ce premier
jour du Carême, et ce jusqu'au vendredi saint (jour de la mort du Christ),
c'est-à-dire durant les 40 jours précédant la fête
de Pâques, qui célébrera la résurrection du Christ
(dimanche de Pâques).

Le
Mardi Gras
Avant que cette longue période de privations ne commence, la veille du
Mercredi des Cendres, le mardi, on tuait le "Boeuf gras", dernière
viande permise avant le jeûne prolongé du Carême. En France
et au Québec on l'appelle le Mardi Gras, dans les pays anglophones "Fat
Tuesday", "Shrove Tuesday" ou encore "Mardi Gras day".
Comme on ne consomme pas non plus de gras pendant le Carême, la veille
également, le Mardi Gras, les gens utilisaient ce qui leur restait de
graisse et en profitaient pour confectionner des bugnes, beignets et autres
fritures.
Comme il est aussi de coutume d'arrêter de manger des oeufs durant le
Carême, on a pris l'habitude de faire des crêpes en cette veille
de période de jeûne. C'est pourquoi le Mardi Gras est aussi appelé
"Pancake Tuesday". On fait également des crêpes à
la mi-carême, temps de pause.
Les habitants de Olney, en Angleterre, ont une façon plutôt originale
de célébrer cette journée. Depuis plus de 500 ans à
chaque Mardi Gras, ils organisent une... course de crêpes ! Tout le monde
se rend au centre-ville pour fêter l'évènement. Les participants
tiennent chacun une grosse poêle à frire remplie de crêpes
encore chaudes et doivent se rendre en courant à l'église, tout
en faisant sauter leurs crêpes dans la poêle au moins trois fois
avant d'atteindre l'église !
Aujourd'hui c'est surtout le Mardi Gras que l'on fête dans le monde le
Carnaval. Il n'a pas lieu tous les ans à la même date, car il est
fixé par rapport à la date de Pâques, qui varie en fonction
du cycle de la Lune. Ce dernier mardi avant le début du Carême
est un jour de fête très célèbre dans certains pays
: les Carnavals les plus renommés ont lieu à Venise en Italie,
à Rio au Brésil, à Binche en Belgique, à la Nouvelle-Orléans
en Louisiane (USA), à Nice en France...

Carnaval et Carême
Carnaval s'oppose au Carême : viande contre poisson, gras contre maigre,
excès contre privations. Par opposition au Carême, le Carnaval
est une période de réjouissance où l'ordre social est inversé
: c'est le monde à l'envers, un monde d'extravagance, de folie.
Au XI ème siècle, un mannequin incarnait le Carnaval, accompagné
par les habitants en chantant, puis il était brûlé. A la
tombée de la nuit, on jetait les masques dans les flammes du bûcher
du Roi Carnaval, et on faisait une ronde en chantant :
" Adieu pauvre Carnaval.
Tu t'en vas et moi je reste pour manger la soupe à l'ail ! "
On retrouve dans les manifestations d'aujourd'hui le changement de rôle
et la destruction du mannequin représentant Carnaval par le feu.
Chaque année, Sa Majesté Carnaval, mannequin grotesque et extravagant
personnifiant le Carnaval, revient entouré de sa troupe, et meurt comme
l'an passé, brûlé...
Au fil des siècles, d'autres traditions se sont ajoutées à
la fête, faisant de Carnaval une manifestation de plus en plus diversifiée
et riche culturellement.
