Tristounet le clown

Jadis, un clown qui était très petit, jouait de la contrebasse
dans le cirque de "Monté Carlo" .
Mais sa petite taille le handicapait beaucoup .
Tous les spectateurs se moquaient de lui .
Tandis que le temps passait, le visage de Tristounet s'assombrissait .
Les larmes effaçaient peu à peu ses jolies couleurs.
Un beau jour, malheureux comme les pierres, il se sauva.
Tous les participants de la troupe s'affolèrent.
Ils cherchèrent partout mais en vain !

Or le vieux dresseur de lion qui était son ami,
s'en
doutait un peu alors il se fâcha :
- C'est de votre faute !
- Comment ça ? dirent les autres .
- Oui vous ! répond le dresseur.
Pendant ce temps-là, Tristounet qui était déjà loin,
pleurait
Il avait faim mais faim !
Et en plus de sa faim, il se mit à avoir soif mais soif !
Et en plus de sa faim et de sa soif, il avait chaud mais chaud !
Et en plus de sa faim, de sa soif, et d'avoir chaud, il avait mal aux pieds mais mal aux pieds !
Et en plus, enfin bref !
En un mot, il en avait PAR-DESSUS LA TETE !
Il regardait autour de lui s'il y avait un arbre ou quelque chose d'autre pour
se reposer mais rien !
Ce n'est que 400 mètres plus loin
qu'il trouva un panneau où était écrit
"SOURCE MAGIQUE A 20M".
Tristounet y alla.
Soudain, un géant mi-loup, mi-dragon à trois têtes lui barra la route.
Tristounet allait-il s'en sortir ?
Tristounet marcha pendant des heures et pénétra dans une forêt
sombre.
Le clown remarqua des lucioles dans une souche d'arbre.

Il sortit de sa poche une petite bouteille d'eau
qu'il vida pour y mettre les vers luisants.
Le petit homme trébucha et,
en se relevant,
vit un homme vêtu de bleu et de jaune,
tenant dans ses bras plusieurs flacons,
qui lui dit d'une voix forte :
" Qui es-tu ? D'où viens-tu ? Que fais-tu là ?
- Je m'appelle Tristounet et je me suis enfui du cirque car tout le monde se
moque de ma petite taille. Et toi, qui es-tu ?
- Je suis Chanterelle Merlin.

- Ah ! Peux-tu m'aider à grandir ? demanda Tristounet d'un ton émerveillé.
- Mais bien sûr, à la condition que tu me rapportes un poil
de tigre avant demain soir.
- Oh, ça va être facile, je sais où est la cage des tigres
au cirque !
- Mais pas n'importe lequel : un poil blanc que tu dois arracher entre les deux
yeux du tigre le plus âgé."

Le petit clown retourna au cirque,
entra dans la cage des fauves mais elle était vide :
les bêtes étaient déjà en piste.
Tristounet entra sous le chapiteau.
Le dompteur n'était pas encore arrivé.
Le petit clown eut une idée:
enfiler son costume.
Il s'habilla rapidement,
entra en piste,
prit le fouet et s'approcha des fauves.
Tristounet vit le plus tigre le plus âgé,
monta sur son tabouret et lui arracha le poîl;
mais le tigre grogna.

Soudain, il se souvint des lucioles .
Il
sortit la bouteille de sa poche et leur demanda
"-S'il vous plait, pouvez-vous m'aider, je vous en supplie ?"
Alors les lucioles se mirent à briller très fort,
si fort que les tigres reculèrent, aveuglés.

Tristounet remercia les lucioles en les déposant dans l'herbe puis profitant
de la stupeur des tigres il s'enfuit dans la forêt .
Après quelques instants, il retrouva Chanterelle Merlin
"As-tu le poil que je t'ai demandé ?
- Oui , je l'ai ! Pourras-tu maintenant me faire grandir comme tu me l'as promis
?
- Certainement , cependant avant toute chose , ferme très fort les yeux
et compte jusqu'à cent ."
Tristounet commença donc à compter:
-"un , deux , trois , quatre .........

Tristounet continua de compter.
Il arriva enfin à 100.
Quand il ouvrit les yeux, il se rendit compte était seul dans les bois.
La nuit tombait.
Chanterelle Merlin était parti lui laissant un petit papier plié.
Il le mist dans sa poche.
Tristounet décida de retourner au cirque pour s'admirer dans une glace.
Arrivé au cirque,
il alla dans sa roulotte.

Mais une fois devant la glace,
il ne vit pas un clown grand et fort mais un un petit clown.
Tristounet était colère, Chanterelle Merlin avait menti.
A ce moment le papier tomba de sa veste.
Il ouvrit:
"Pourquoi changer ce qui n'en a pas besoin,
chacun à sa place ici-bas!"
Il
alla s'asseoir sur une chaise et se mit à réfléchir en
se disant :
- Je suis petit et je resterai petit!
Et, alors !
J'suis tout de même un vrai un clown!

Fin.